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ERP industrie : nomenclatures, OF et prix de revient

L'atelier ne discute pas avec un « module production ». Il lance un OF, il consomme un lot, il déclare un rebut, il veut le coût de ce qui est sorti. Si le logiciel répond avec un stock à peu près et une nomenclature à plat, le chef d'atelier revient au papier dès la première série urgente.

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L’atelier ne pardonne pas un stock « à peu près »

Les nomenclatures multi-niveaux ne sont pas une arborescence jolie. C'est la liste de ce qui doit être là, au poste, avant de lancer. Un composant oublié au niveau 3 arrête la ligne. Un composant substitué sans tracer le lot rend la non-qualité inassignable. Le modèle de données d'un ERP de gestion — article, quantité, dépôt — ne tient pas une nomenclature à quatre niveaux avec des alternatives, des chutes, un pourcentage de perte.

Les gammes opératoires disent le temps, le poste, l'outillage. Sans elles, l'OF est un bon de sortie magasin. Avec elles, on ordonnance, on charge, on voit le goulot. Beaucoup d'outils « production » du marché paramètrent une gamme et s'arrêtent là : pas d'avancement, pas de temps saisi, pas de comparaison prévu/réalisé. Le chef d'atelier, lui, pilote le réalisé.

Le prix de revient se construit sur ce réalisé. Matière au lot, temps poste, sous-traitance d'une opération, rebut. Un coût standard figé rassure la finance et ment à l'exploitation. L'écart n'est utile que s'il arrive pendant l'OF, pas dans un rapport du trimestre. C'est pour ça que la production n'est pas un module qu'on active : elle change le rythme de l'outil.

L'interfaçage machines — un compteur d'allures, une balance, un automate qui pousse un « bon » ou un « mauvais » — évite la saisie fantôme. Ça se chiffre : + 3 000 € à 12 000 € HT. Le matériel lui-même (l'achat) n'est pas dans cette fourchette. Ce qu'on chiffre, c'est le protocole, le cas d'erreur (machine muette, étiquette illisible), le mode dégradé. Une douchette en réception n'est pas un automate d'usinage. On ne les met pas dans le même palier.

Le progiciel d’atelier et la machine qui ne parle pas

Les MES du marché savent parler aux machines. Ils savent moins parler à la facture, au lot client, à la non-conformité qui bloque une expédition. L'ERP d'éditeur, à l'inverse, facture bien et pilote mal l'en-cours. Le trou, c'est exactement l'OF : lancé, consommé, déclaré, valorisé, expédié. Si on le coupe en deux systèmes, on duplique le stock d'en-cours. Quelqu'un, un jour, croit le mauvais.

La traçabilité lot et série n'est pas un rapport qualité. C'est la capacité, un mardi, de lister tous les OF qui ont consommé le lot rappelé, et toutes les livraisons qui en sont sorties. + 8 000 € à 18 000 € HT quand le stock n'est plus un hangar : multi-dépôts, lots, inventaire tournant, valorisation qui n'est pas la valorisation fiscale. Un négociant range. Un atelier consomme. Ce n'est pas le même objet.

Les non-conformités d'atelier — rebut, retouche, dérogation — doivent bloquer l'expédition sans bloquer toute la ligne. Un workflow « qualité » copié d'un manuel ISO, que personne ne saisit, ne sert à rien. Un état sur l'OF, visible du cariste, si. C'est de l'écran, pas de la procédure.

Production, stock, capteurs : le régime change

Le profil de référence, ici, n'est plus un groupe de bureaux. C'est un réseau d'îlots, 60 à 120 personnes qui touchent l'outil, parfois plusieurs établissements. Mise en service 160 000 € à 220 000 € HT, récurrent 28 000 € à 38 000 € HT par an — budget type, profil C. La production s'ajoute : + 15 000 € à 35 000 € HT. Le stock réel s'ajoute. Les capteurs s'ajoutent. Au-delà de quatre facteurs majeurs, on ne pose plus des lignes, on recommence le chiffrage. Voir les amplitudes.

Un atelier qui n'a qu'une nomenclature simple et un OF lancé-terminé n'a pas besoin de tout ça. Il a besoin d'un logiciel métier d'atelier, plus étroit, plus rapide à livrer. On le dit. La page logiciel métier existe pour ça. L'ERP arrive le jour où l'OF, le stock, la facture et le lot client doivent être le même objet.

La reprise, en atelier, n'est pas un import d'articles. C'est des nomenclatures qui ne s'accordent pas, des gammes théoriques que plus personne n'applique, des lots dont le numéro a changé de format en 2019. On ouvre trois OF clos et un OF en cours. Ce qui ne se reconstitue pas n'entre pas. On ne « nettoie pas après la bascule » : on décide, avant, ce qui reste papier.

L'ordonnancement, lui, se juge au goulot. Un poste saturé, une gamme alternative, un OF qu'on saute parce que le client crie : si l'outil ne montre que le lancement et le terminé, le chef d'atelier pilote au tableau blanc. On ne promet pas un APS. On promet que l'en-cours, le temps saisi et le rebut sont le même objet que la facture. C'est déjà plus que ce que beaucoup d'ateliers ont.

L'usine n'est pas un chantier, ni un dépôt de négoce. Bâtiment · PME · Transport · Négoce · E-commerce · Santé · Intérim · Groupe.

Le cadrage, en industrie, se fait sur un OF réel, une nomenclature réelle, un rebut réel. Pas sur un schéma directeur.

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Les questions de responsable d’ordonnancement

Un OF lancé-terminé, ça rentre dans un ERP de gestion ?

Un ordre lancé-terminé, une nomenclature à un niveau, oui, parfois. Dès qu'il y a des gammes opératoires, un avancement poste à poste, un rebut qui reboucle, non. On n'est plus en gestion : on est en production. + 15 000 € à 35 000 € HT. Le profil de base d'une PME de gestion ne tient plus.

Faut-il un MES en plus de l’ERP ?

Pas si l'interfaçage machines tient dans le même système : avancement, temps, non-qualité. Un MES à côté, c'est un second modèle de données, un second stock d'en-cours, une synchro qui se trompe. On le pose quand l'atelier a déjà un MES qui marche. Sinon on le construit dans l'outil, et on chiffre les capteurs à part.

Le prix de revient, vous le calculez comment ?

Sur la gamme réelle, pas sur la gamme théorique. Temps passé, rebut, sous-traitance d'usinage, matière au lot. Un coût standard figé dans une fiche article, c'est de la comptabilité. Un prix de revient, c'est ce que l'OF a vraiment coûté. L'écart, le responsable d'atelier le lit le lundi, pas à la clôture annuelle.

Pourquoi un profil C, pas un B ?

Parce que l'atelier qui a des nomenclatures profondes, plusieurs îlots, 60 à 120 personnes qui touchent l'outil, n'est plus un groupe de bureaux. Mise en service 160 000 € à 220 000 € HT, récurrent 28 000 € à 38 000 € HT par an. Voir le budget type. Ce n'est pas un devis, et la production s'ajoute encore.